Comprendre le cycle de vie du plastique

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👀 Comprendre

Chez Gobi, nous avons décidé de participer à la Fresque du Plastique. Traiter du plastique n’est pas une mince affaire entre débats, fausses informations et croyances communes. Nous voulions avoir un avis neutre et global sur le plastique et l’utilisation qu’on en fait aujourd’hui.


L’atelier était animé par l’un de ses co-créateurs, Philippe Reutenauer, accompagné de Manon Agrissais. C’est en travaillant sur les produits de grande consommation et leurs emballages que Philippe est devenu expert des enjeux liés à leur production et a été sensibilisé à la fin de vie des emballages à usage unique. En co-créant la Fresque du Plastique, il a souhaité partager son savoir pour participer à l’éveil de notre conscience écologique.

Mais c’est quoi cette histoire de fresque ?!

Face à des sujets aussi complexes que le climat ou le plastique, un concept de jeu ludique et collaboratif a été inventé. Le principe est simple : durant 3 heures et grâce à l’intelligence collective, un groupe composé de 5 à 14 membres réfléchit aux liens de causes à effet de différentes cartes.


Chaque carte détaille une étape dans le processus de la création du plastique (en l’occurrence), son utilisation, sa dégradation…


En établissant les liens entre les cartes, le groupe échange autour de leurs expériences, savoirs ou interrogations. En créant une véritable fresque (comme son nom l’indique), les participants comprennent la complexité et la systémie de l’industrie plastique. 


Car c’est en ayant les cartes en main que l’on peut participer au changement !

Atelier de la fresque du plastique chez Gobi.

On vous raconte notre expérience

Pour démarrer cet atelier et en guise d’ “ice breaker”, Manon et Philippe nous mettent au défi de trouver dans la pièce un objet sans plastique, différent pour chaque participant. Aïe, ce n’est pas si simple ! Même en attrapant l’écharpe devant nous, on nous explique que le fil doré qui décore ce tour de cou est en fait… en plastique.


Une fois que nous avons retrouvé nos esprits, on nous annonce le plan de la matinée pour essayer de mieux comprendre le cycle de vie du plastique :

  1. Découvrir d’où vient le plastique 
  2. Comment se passe sa fin de vie ?
  3. Petit cours sur le recyclage
  4. Les solutions à mettre en oeuvre face au fléau du plastique à usage unique

Eh oui, chez Gobi, on insiste bien sur le terme usage unique. Car le plastique a bel et bien des avantages dans ses caractéristiques d’usages : c’est une matière qui a le mérite d’être légère, qui prend la forme que l’on veut et dont la fabrication n’est pas très énergivore par rapport à l’aluminium et au verre (d’après "’Évaluation environnementale du recyclage en France selon la méthodologie de l’analyse de cycle de vie, FEDEREC, 2017" ).


Alors, lorsqu’on crée des produits qui ont pour objectif de durer dans le temps et qui ont besoin d’être légers comme des gourdes, le plastique peut être un bon candidat, à condition de choisir une matière de qualité à la fois intéressante sur le plan sanitaire et environnemental. C’est là tout l’objectif de notre démarche d’éco-conception. Nos Gobi Original et Street sont ainsi fabriqués en France à partir de copolyester, la même matière utilisée que pour les biberons.

1. Découvrir d’où vient le plastique

Contre toute attente, on commence par parler de pâtes. Oui, les pâtes à l’arrabiata, au pesto ou aux 3 fromages, celles qui remplissent nos estomacs et qu’on aime al dente. Cette métaphore nous permet de comprendre que tel un collier de pâtes, le plastique n’est qu’une succession de molécules. On comprend alors que le polyéthylène, par exemple, est une succession de monomères “éthylène”. Alors des colliers de polymères, on peut en faire beaucoup : il existe 65 000 types de plastiques différents sur la planète, tous avec des propriétés différentes !


A noter que les objets peuvent être composés de plusieurs polymères comme le polyamide par exemple. Nous en parlerons plus bas mais cela a son importance, car seuls les monomatériaux (ceux composés d’un seul polymère) sont recyclables dans les infrastructures existantes.


En ce qui concerne l’origine, on distingue le plastique bio-sourcé qui contient un pourcentage d’atomes issus d’une ressource renouvelable comme des végétaux type maïs, pomme de terre, canne à sucre… Et le plastique pétro-sourcé qui provient, lui, de la pétrochimie après de multiples étapes de raffinage. En chauffant très fort le pétrole brut, on obtient une matière qui en refroidissant va devenir le fameux monomère que l’on vient d’évoquer.


On peut aussi différencier les plastiques selon leur fin de vie en séparant le plastique non biodégradable  (majorité produite dans le monde) et biodégradable, qui peut être décomposé par des organismes biologiques dans un environnement favorable (par compostage industriel majoritairement).

Mais d’ailleurs, on en produit beaucoup du plastique ?

Aussi dingue que cela puisse paraître, une étude a montré que la masse de plastique sur Terre dépasse la masse totale des mammifères. Sur une balance imaginaire du monde, si vous mettez tous les mammifères d’un côté et tout le plastique de l’autre : c’est le deuxième côté qui touchera le sol.


Ça ne vous parle pas ? On peut aussi dire qu’en France, c’est 36 kg de déchets plastique à usage unique qui sont produits par an et par personne en moyenne.

Des pailles en plastique jetables qui forment le mot "stop".

2. Comment se passe la fin de vie du plastique ?

Une fois qu’on a décidé de jeter sa bouteille en plastique à usage unique que se passe-t-il ?


Après une première étape de tri, plusieurs scénarios sont possibles. On vous les cite du meilleur au pire. Enfin, d’après le jugement du groupe, car la fresque du plastique ce n’est pas qu’une seule bonne réponse mais plutôt un arbitrage de groupe : 

1. Le recyclage : dans ce qu’on considère être le meilleur des cas, le déchet est recyclé. Voici la petite carte, on vous en parle plus en détails ci-dessous 😉

Carte de la fresque du plastique sur le recyclage.

2. Le compostage : attention, ce terme est dangereux ! Bien que certains plastiques sont dits « compostables » ou « biodégradables », ils le sont dans certaines conditions bien particulières. Il est donc toujours hors de question de jeter son sachet plastique dit “compostable” dans la nature. En effet, il aura besoin d’une température et d’un environnement spécifique pour que son processus de biodégradation s’enclenche correctement. Attention donc avec votre compost personnel car seuls les plastiques ayant été approuvés pour un compostage domestique peuvent y aller, sous réserve que votre compost fonctionne bien

Un composte dans un jardin.

3. L’incinération : il correspond à ⅓ des ordures ménagères en France soit 12 millions de tonnes par an. Nous vous conseillons le reportage de cash investigation pour creuser le sujet ici 😊

Photo de l

4. La décharge : quand on ne sait plus quoi faire des déchets plastiques, on les enfouit. Tout simplement. 🐌

Photo d

5. L’export : quand on ne sait vraiment plus quoi faire de nos déchets, on les exporte. D’abord en Asie, dont certains pays les refusent à présent, c’est maintenant en Afrique que finit 46% du plastique trié. (source : Rapport de 2018 de l’UE)

Photo de la fresque du plastique montrant l

3. Petit cours sur le recyclage

Quand on décide de jeter notre déchet plastique dans la poubelle de recyclage, c’est un long voyage qui débute. Les poubelles jaunes sont amenées dans un centre de tri pour subir une deuxième séparation, une étape nécessaire pour que le processus de recyclage se passe sans encombre. Les flux sont homogénisés : le PET, le papier, le carton, les briques alimentaires, etc.


En cas de doute, on vous rappelle les bons gestes de tri juste ici.


Pour que notre déchet ne se perde pas en route, il est important de bien le trier à la base.

Bouteille en plastique jetable écrassée.

Ensuite, nos déchets triés s’en vont, destination le recyclage. Il en existe différents types :


A. Le recyclage traditionnel est mécanique. On broie, lave et réduit les déchets à la taille de flocons puis en granulés sans modifier la structure de la matière. Concernant les bouteilles claires en PET, c’est le seul flux à se recycler en boucle fermée. En d’autres termes, c’est le seul flux où l’on part d’un produit jeté à partir duquel on parvient à recréer un produit similaire = on fait de nouvelles bouteilles grâce à la matière recyclée de bouteilles. Néanmoins, le plastique recyclé perd une partie de ses propriétés, notamment sa transparence car la matière se dégrade structurellement un peu plus à chaque cycle. C’est une des raisons pour lesquelles un nouveau type de recyclage se développe en France : le recyclage chimique.


B. Le recyclage chimique sépare les composants du plastique pour retirer les éléments de base du polymère (chimiquement via des solvants par exemple). Ces éléments séparés peuvent ensuite être mixés à d’autres pour créer d’autres types de plastique. Ce recyclage permet de ne pas altérer la couleur des objets et de remanier les éléments pour en faire de nouveaux objets = on repart d’une « matière neuve ».


Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le recyclage chimique, on vous recommande aussi la lecture de ce rapport.


Ayant tous les deux des avantages et des inconvénients, les deux types recyclages sont plus efficaces s’ils sont utilisés en soutien l’un de l’autre.

4. Les alternatives au plastique à usage unique

On apprend ensuite que, malgré son coût élevé, le recyclage est plébiscité par l’ensemble de la population. La demande est donc de plus en plus forte pour se servir de plastique recyclé pour fabriquer de nouveaux emballages. L’exemple le plus flagrant est la bouteille d’eau en plastique. Aujourd’hui, la demande des producteurs de boissons embouteillés fait que le PET recyclé a un prix 2 fois plus élevé que le neuf (source Fresque du plastique).


Même si le recyclage est l’indicateur qui rassure le plus le consommateur quant à l’impact écologique d’un produit (on en parle ici), il existe d’autres moyens pour contrecarrer le plastique à usage unique qui nous semblent essentiels chez Gobi :

  • Réemployer un objet plutôt que de le jeter. Lors d’une reconstruction par exemple, certains matériaux peuvent être gardés (anciens parquets, électricité,…). L’avènement des plateformes comme Leboncoin ou Vinted montre l’engouement pour les objets de seconde main, souvent à un prix plus bas qu’un produit neuf.
  • Dire non au plastique à usage unique, tout simplement. Avez-vous déjà essayé d’aller chez votre boucher ou votre fromager avec un contenant réutilisable ? Achetez-vous les fruits/légumes en vrac ou préférez-vous prendre ceux déjà emballés ? Avez-vous pensé à utiliser un joli tissu pour emballer vos cadeaux de Noël ?
  • Utiliser du plastique réutilisable.  C’est le cas d’une partie de notre gamme de gourdes Gobi, fabriquées en copolyester. Ce plastique résistant et durable permet de réutiliser le même contenant pendant plusieurs années. On vous en dit plus sur notre choix du plastique ici.

Nous terminerons cet article en rappelant que le seul produit qui n’a pas d’impact est celui qui n’existe pas. Mais aussi que 80% de l’impact environnemental d’un produit est déterminé à l’étape de conception. Voilà pourquoi il est important de faire du réutilisable et de l’éco-conception le B.A.-BA de notre industrie et de notre consommation.


Alors, on s’y met tous ?

Photo de la carte "production" de la fresque du plastique.
Photo de la fresque du plastique au complet.

Nous avons adoré cet exercice et on vous recommande vivement le format des Fresques pour sensibiliser vos équipes aux enjeux environnementaux. Si vous aussi, vous voulez participer à une Fresque du Plastique, rendez-vous sur ce lien : https://www.eventbrite.fr/o/la-fresque-du-plastique-45763194553


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Sources :

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