Économie circulaire en entreprise : comment Thales et Gobi transforment les déchets en ressources
Et si on commençait par la fin ? Quand on parle de tri des déchets ou d’économie circulaire, beaucoup imaginent encore un sujet complexe, abstrait, presque décourageant. Pourtant, sur le terrain, certaines entreprises prouvent exactement l’inverse : rendre l’économie circulaire concrète, utile… et même inspirante.
C’est le pari du projet Écosphère, déployé par Benoît Catalifaud, coordinateur Économie circulaire, en collaboration avec Gobi.
Un campus XXL… et un défi déchets bien réel
Chaque jour, près de 8 000 collaborateurs travaillent sur le campus Thales de Bordeaux : l’équivalent d’une petite ville comme Sisteron.
Une ville qui innove dans l’aéronautique et la défense… mais qui produit aussi, logiquement, une quantité importante de déchets. Et parmi eux, un coupable bien identifié : les gobelets jetables.
Jusqu’à 10 % des déchets tertiaires non dangereux sur certains sites. Un usage de quelques minutes… pour un impact durable.
L’idée clé : rendre l’économie circulaire visible
Plutôt que de rester dans la théorie, les équipes ont choisi une approche radicalement différente :
- partir des déchets pour créer des objets utiles au quotidien. C’est le cœur du projet Écosphère : 1 déchet + 1 besoin = 1 produit durable.
Ainsi, grâce au tri et à l’upcycling, des objets concrets voient le jour :
- porte-badges
- coques de téléphone
- porte-cartes
Des produits fabriqués localement, à partir de matières recyclées, qui permettent aux collaborateurs de tenir littéralement l’économie circulaire entre leurs mains.
Le déclic : une rencontre au salon Pollutec
C’est lors du salon Pollutec que le projet prend une nouvelle dimension.
Sur place, un dispositif simple mais puissant : des gourdes consignées pour les visiteurs.
Derrière cette solution ? Gobi.
Une évidence.
La gourde Gobi : une incarnation parfaite de l’économie circulaire
Pourquoi ce produit change la donne ? Parce qu’il ne se contente pas d’être recyclé. Il coche toutes les cases de l’économie circulaire :
1. Éco-conception dès l’origine
Pensée pour remplacer un usage jetable (le gobelet), la gourde agit à la source.
2. Matériaux recyclés et valorisés
- Corps en plastique recyclé
- Bouchon intégrant du bois issu du recyclage
3. Production locale et engagée
- Fabrication 100 % française
- Assemblage en ESAT (inclusion de personnes en situation de handicap)
Des résultats concrets et mesurables
Là où beaucoup de démarches peinent à prouver leur impact, ici les chiffres parlent :
- 10 kg de déchets évités par an et par gourde
- 26 litres d’eau économisés
-
Plus de 1 000 gobelets supprimés chaque jour sur le campus
Résultat :
✔ moins de déchets
✔ moins de coûts (achat + traitement + taxes type TGAP)
✔ plus d’engagement collaborateur
Pourquoi ce modèle est stratégique pour les entreprises ?
Au-delà de l’impact environnemental, ce type d’initiative répond à des enjeux majeurs :
🔒 Souveraineté et approvisionnement : réduire la dépendance aux matières vierges
💼 Attractivité des métiers : donner du sens concret aux actions du quotidien
🌍 Réduction de l’impact global : agir sans complexifier les usages
Le vrai changement : passer de la contrainte à l’usage
Le succès du projet Écosphère repose sur une idée simple :
👉 ne pas demander un effort… mais proposer une alternative évidente
La gourde remplace le gobelet.
L’objet recyclé remplace l’objet neuf.
Le geste devient naturel.
Un projet à copier partout ?
Clairement, oui. Parce qu’il combine :
- pédagogie (rendre visible)
- utilité (objets du quotidien)
- impact mesurable
- engagement humain et local
Et surtout, parce qu’il prouve une chose essentielle : l’économie circulaire n’est pas un concept. C’est une expérience concrète, accessible… et duplicable.
Et vous, votre entreprise est-elle prête à boucler la boucle ?
Le projet Écosphère montre qu’il suffit parfois de regarder… dans ses poubelles pour trouver des solutions d’avenir.
Et si la prochaine innovation de votre organisation commençait là ?