Dans cet article :
Vous venez de recruter la perle rare. Le contrat est signé, la date d'arrivée est fixée. Et maintenant ?
Dans beaucoup d'entreprises, la réponse est décevante : un café le premier matin, un tas de documents à signer, et un "débrouille-toi". C'est ce qu'on appelle un onboarding raté.
Pourtant, les chiffres sont sans appel : un onboarding bien construit transforme littéralement les résultats RH d'une entreprise. Rétention, productivité, engagement, marque employeur… tout en dépend. J'ai essayé d'identifier des statistiques récentes sur les onboarding, pour voir en quoi, lorsqu'ils étaient réussis, ils étaient bénéfiques pour l'entreprise et le collaborateur.
Pourquoi je pense que mon avis a un intérêt ?
- Depuis quinze ans, en tant qu'entrepreneur j'ai onboardé beaucoup de collaborateurs, et on s'est vite rendu compte que la période de l'onboarding était un moment crucial pour partager de la culture d'entreprise et des valeurs aux collaborateurs.
- En tant que fabricant de gourdes françaises, lunchboxes et kit couverts, on a été présent dans des dizaines de welcome pack depuis quelques années, avec un très bon impact de nos produits selon nos clients RH pour passer des messages et incarner la politique RSE de l'entreprise !
Qu'est-ce que l'onboarding?
L'onboarding (ou intégration des nouveaux employés) désigne l'ensemble du processus qui permet à un nouveau collaborateur de s'intégrer dans une entreprise : découverte de la culture, prise en main des outils, rencontres avec l'équipe, formation au poste. Il commence idéalement avant le premier jour (preboarding) et peut s'étendre sur plusieurs mois.
À ne pas confondre avec une simple "journée d'accueil". L'onboarding, c'est (ou cela devrait être) une stratégie, et pas une formalité administrative.
Les chiffres qui font réfléchir : l'état réel de l'onboarding en entreprise
Constat :
Seulement 12% des employés estiment que leur entreprise dispose d'un bon processus d'onboarding. C'est le résultat d'une analyse ( Gallup - https://www.gallup.com/workplace/353096/practical-tips-leaders-better-onboarding-process.aspx) — un chiffre stable depuis plusieurs années, ce qui dit beaucoup sur le décalage persistant entre les intentions affichées et la réalité vécue par les collaborateurs.
Et la cause principale est bien identifiée : 52% des employés déclarent que les tâches administratives ont pris le dessus sur la préparation réelle au poste lors de leur intégration. C'est le constat de la dernière étude TalentLMS et BambooHR publiée en juillet 2025 ( TalentLMS / BambooHR - https://www.talentlms.com/research/employee-onboarding-report), menée auprès de 1 156 employés recrutés dans les 12 derniers mois. Résultat : les activités vraiment importantes — la formation métier, le team building, l'immersion dans la culture d'entreprise — passent au second plan.
Un nouveau collaborateur se voit confier en moyenne 54 tâches à accomplir lors de son onboarding(!!) ( Sapling, 2019 - https://www.businesswire.com/news/home/20190213005703/en/Sapling%E2%80%99s-5-Employee-Onboarding-Statistics-You-Must-Know-in-2019). Quand ces tâches ne sont pas organisées et priorisées, elles deviennent une source de stress plutôt qu'un levier d'intégration.
Ce que gagne vraiment une entreprise qui soigne son onboarding
Sur la rétention
C'est sans doute la statistique la plus citée, et pour cause : un processus d'onboarding solide améliore la rétention des nouvelles recrues de 82% ( Brandon Hall Group / Glassdoor - https://b2b-assets.glassdoor.com/the-true-cost-of-a-bad-hire.pdf). Ce chiffre, issu d'une étude de référence de 2015, continue d'être confirmé et cité par l'ensemble des acteurs RH en 2025.
Pour comprendre pourquoi c'est aussi important, il faut garder à l'esprit que 75% des départs de collaborateurs sont évitables — c'est la conclusion du Work Institute Retention Report 2025 ( Work Institute - https://workinstitute.com/retention-reports/), basée sur l'analyse de plus de 120 000 entretiens de sortie. L'onboarding, c'est précisément la première ligne de défense contre ce gaspillage humain et financier.
Et sur le long terme : 69% des employés sont plus enclins à rester au moins trois ans dans une entreprise s'ils ont vécu une expérience d'onboarding positive ( SHRM - https://www.shrm.org/resourcesandtools/hr-topics/talent-acquisition/pages/dont-underestimate-the-importance-of-effective-onboarding.aspx). Ce n'est pas un détail — c'est la différence entre un collaborateur qui devient un pilier de l'équipe et un turnover coûteux à répéter.
Sur l'engagement et la productivité
Un collaborateur bien intégré est un collaborateur engagé. Les données de BambooHR sont frappantes : les employés qui ont bénéficié d'un onboarding efficace se sentent 18 fois plus impliqués envers leur entreprise ( BambooHR - https://www.bamboohr.com/resources/ebooks/the-new-definitive-guide-to-onboarding/) que ceux qui n'en ont pas eu.
Du côté de la productivité, le Brandon Hall Group a établi qu'un onboarding de qualité améliore la productivité des nouvelles recrues de plus de 70% ( Brandon Hall Group / Glassdoor - https://b2b-assets.glassdoor.com/the-true-cost-of-a-bad-hire.pdf). Et la SHRM confirme : les entreprises dotées d'un processus d'onboarding standardisé voient leurs nouvelles recrues 50% plus productives ( SHRM - https://www.shrm.org/resourcesandtools/hr-topics/talent-acquisition/pages/dont-underestimate-the-importance-of-effective-onboarding.aspx).
Sur l'attitude et la satisfaction
L'onboarding conditionne aussi la perception que le collaborateur aura de son employeur sur la durée. Selon une étude Vlerick-Talmundo, 78% des participants à un programme d'onboarding développent une attitude positive envers leur employeur, et 73% déclarent que cela a renforcé leur engagement au travail ( Talmundo - https://www.talmundo.com/hubfs/X_Marketing-Sales_Content/Vlerick-Talmundo_Onboarding_Study.pdf).
Gallup va plus loin encore : les collaborateurs ayant vécu un onboarding "exceptionnel" sont 2,6 fois plus susceptibles d'être très satisfaits de leur organisation ( Gallup - https://www.gallup.com/workplace/353096/practical-tips-leaders-better-onboarding-process.aspx).
Les 90 premiers jours : la fenêtre décisive
Une étude du Work Institute a mis en évidence un fait crucial :
Les collaborateurs qui vivent une excellente expérience lors de leurs 90 premiers jours sont dix fois plus susceptibles de rester longtemps dans l'entreprise ( Work Institute - https://workinstitute.com/engagement-retention-services/onboarding-studies/) que ceux qui ont eu une mauvaise expérience.
Dix fois. Pas 10% de plus. Dix fois.
Ce chiffre illustre à quel point le début de la relation employeur-collaborateur est déterminant. Le premier jour, la première semaine, le premier mois — chaque interaction construit (ou détruit) la confiance et l'envie de s'investir.
Et ce n'est pas neutre financièrement : le Work Institute 2025 rappelle que le coût d'un départ représente en moyenne 33% du salaire annuel du collaborateur ( Work Institute - https://workinstitute.com/retention-reports/). Multiplié par le nombre de départs en première année, l'addition est vite colossale.
Ce que comprend un bon onboarding (selon les données)
OC Tanner, dans son Global Culture Report ( OC Tanner - https://www.octanner.com/content/dam/oc-tanner/images/v2/culture-report/2023/home/INT-GCR2023.pdf), a identifié les ingrédients d'un onboarding réussi. Une intégration "fondatrice" inclut au minimum :
- Un mot personnalisé du manager
- Un geste de bienvenue de l'équipe (carte, message)
- Un objet symbolique pour marquer l'appartenance à l'entreprise
- Du "swag" à l'effigie de la marque
Et un onboarding "idéal" va plus loin : temps de socialisation avec d'autres nouvelles recrues, repas d'équipe, moments de remerciement envers les personnes qui ont accompagné l'intégration.
Ce que cette liste révèle, c'est que l'onboarding n'est pas qu'un processus administratif — c'est un rituel d'appartenance. Les objets, les gestes, les moments partagés ont une valeur symbolique forte, que les chiffres confirment : 65% des employés considèrent l'onboarding comme le début d'un parcours d'apprentissage continu ( TalentLMS / BambooHR - https://www.talentlms.com/research/employee-onboarding-report).
L'onboarding comme pilier de la marque employeur
Dans un marché du travail tendu, la marque employeur est un enjeu stratégique. Et l'onboarding en est l'un des leviers les plus concrets.
83% des collaborateurs estiment qu'un programme d'onboarding structuré serait utile — même (et surtout) dans les entreprises qui n'en ont pas encore ( Talmundo - https://www.talmundo.com/hubfs/X_Marketing-Sales_Content/Vlerick-Talmundo_Onboarding_Study.pdf). Et 77% des professionnels RH pensent que l'onboarding va devenir de plus en plus important dans les années à venir.
Pourtant, seulement 5% des organisations ont mis en place un onboarding continu. Il y a là une opportunité considérable pour les entreprises qui veulent se démarquer comme employeurs.
Conclusion : l'onboarding n'est pas une case à cocher
Les chiffres sont cohérents, les sources variées, et le message univoque : investir dans l'onboarding, c'est l'un des meilleurs retours sur investissement RH qui soit.
Ce n'est pas une question de budget. C'est une question d'intention, de structure, et d'attention portée aux premières semaines d'un collaborateur. La qualité du welcome kit en fait partie.
Un message personnalisé du manager. Un kit de bienvenue bien pensé. Une semaine d'intégration structurée. Des outils disponibles dès le premier jour.
Les entreprises qui prennent soin de ce moment-là construisent quelque chose de difficile à copier : une culture où les gens ont envie de rester.